mercredi 28 mars 2012

There is nothing you can do that I have not already done to myself.


Comme je te le disais dans l'article précédent, ma copine Eva (oui j'ai quelques relations sociales, ça m'arrive de m'entendre avec des gens) (d'ailleurs faut que j'arrête de parler d'elle à chaque article, elle va finir par croire que je l'apprécie) m'a fait remarquer à juste titre que mes articles mettaient toujours du temps à démarrer, que ma phase introductive était souvent trop longue et que ça ne donnait pas forcément envie aux moins téméraires de lire la totalité de mes articles.
J'aime mon blog car je peux y blablater sans retenues et partir totalement en couilles, j'aime bien l'idée de vous chier des pavés informes qui peuvent effrayer le visiteur lambda, ne s'attendant à voir sur ce blog "mode" que des photos de mes tenues agrémenté d'un texte aussi maigre qu'un somalien, mais si j'écris, quand même, c'est pour avoir le plaisir d'être lu et de partager avec vous, alors j'me dis que ce serait bien que j'abrège, parfois.

Normalement aujourd'hui j'avais prévu de vous parler de mes doutes, fondés ou alors totalement fomentés par mon esprit malade et paranoïaque, à propos d'un "plagiat" plus que superficiel concernant ma coupe de cheveux, et s'étalant sur plusieurs "connaissances" féminines de mon entourage. Je voulais débuter une réflexion sur le manque de personnalité de certaines contrebalancée par ma potentielle appartenance aux effets de mode sans m'en rendre compte. Finalement plus qu'une plagiée je serai surtout une victime des tendances circulant sur le net.
Et puis finalement, vu qu'aujourd'hui j'ai envie de m'ouvrir les veines avec une petite cuillère avant d'engloutir une boîte entière d'Efferalgan arrosés de Jack Daniel's, je vais parler de tout à fait autre chose. Ouep, j'suis comme ça moi, tellement spontanée et surprenante.

En ce moment, j'ai vraiment du mal avec ma gueule. Et ce soir je crois qu'on est à l'apogée de ma remise en question. Ma gueule, ma gueule, pas ce truc immonde, avec ce gros pif, que j'me traîne tous les jours. Quand je dis "ma gueule", c'est surtout parce qu'en ce moment, j'ai du mal à blairer ce que je suis, ma personnalité toute entière. Ca fait quelque temps déjà que je ne suis pas au top de ma forme (en même temps le Master nous tuera tous). Tu remarqueras, si tu suis ce blog depuis longtemps déjà, que je suis ce genre de personnes exécrables qui font genre d'en avoir rien à foutre de l'avis des autres, mais qui au final peuvent rester bloquées pendant plusieurs jours, voire pendant plusieurs semaines, sur la réflexion d'un pauvre inconnu qu'elles ne recroiseront plus jamais de leur vie. La semaine dernière, j'ai revu un type qui était venu m'accoster, un jour, à propos de mon tatouage d'ancre sur le bras. Il m'avait alors demandé ce qu'elle représentait pour moi, et même si l'approche ne m'avait pas forcément plu (le mec était over-tatoué et j'ai plutôt pris son "qu'est-ce ça signifie pour toi ?" pour un "allez avoue que t'as juste fait ça pour la frime, morue"), je me suis efforcée de lui répondre gentiment. Presque un an s'est donc écoulé entre ces deux entrevues, et voilà que je le retrouve comme potentiel colloc' de l'appart que je vais peut-être habiter. "Ha, c'est toi la fille avec l'ancre. Oui je me souviens de toi, je l'avais bien aimé. Mais mon Dieu, c'que tu t'la pétais, entourée de tes copines pas tatouées"... ... ... le constat est sans appel. Aux yeux d'un inconnu, je suis une péteuse. Voilà, j'me la pète avec mes tatouages, je fais exactement ce que je ne supporte pas que les autres fassent.

Alors oui, c'est sûr, tu pourras me répondre "rho allez Bunny tire pas la tronche, il te connait pas ce mec, c'est pas grave !" le problème, c'est que les situations dans ce genre, j'en ai pas vécu qu'une seule. Souviens-toi de l'article sur le Tattoo Art Fest : plusieurs lectrices m'avaient fait remarquer qu'elles n'avaient pas osé venir me parler à cause de mon air hautain. Ou bien encore cet article sur l'un de mes clash sur le forum de Madmoizelle, où je m'étais embrouillée avec plusieurs filles qui n'avaient pas apprécié que je qualifie une nana de "fake" parce qu'elle s'affichait avec un look retro, disait adorer Dita Von Teese et détester les gothiques. J'y avais vu un paradoxe, je l'avais fait comprendre, et je m'étais sévèrement faite avoinée. J'ai toujours eu des excuses avant ça : mon air hautain c'est une carapace pour pas que l'on vienne m'emmerder, ma réflexion était légitime, c'est les autres qui n'avaient pas voulu la comprendre à sa juste valeur. Mais au bout d'un moment je pense qu'il faut arrêter de se voiler la face : je suis une péteuse. J'me la pète. J'ai encore rien fait de ma vie, j'ai encore rien prouvé, j'suis encore dans les jupes de ma mère et j'me la pète parce que j'fais un putain de Master que je suis pas sûre d'avoir et que j'ai des putains de tattoos qui me remplissent les bras. Avoue qu'il y a de quoi se détester.

Oui. Bon. Ok. J'me calme. T'as pas un sac en papier ? J'crois que j'fais une crise d'angoisse. Sinon du Prozac ça m'irait aussi.
Je sais, j'exagère. Je ne devrais pas me prendre la tête avec ce détail. Peut-être est-il issu de mon imagination ? Le problème c'est que j'en doute de plus en plus. Au final, si j'ai tellement de mal à me lier d'amitié avec les gens, si j'ai si peu d'amis et si tout le monde finit par sa retourner contre moi (c'est le moment de sortir les violons, meuf. Tu veux un mouchoir ? Allez avoue je suis touchante. Mon cul ouais) c'est peut-être tout simplement parce que pendant des années j'ai été imbue de ma personne sans m'en rendre compte, sans vouloir le voir. Et maintenant j'ai l'impression que ça me saute en plein visage. Ce que je déteste le plus chez les gens : la pédanterie, voilà que je le retrouve chez moi. Dur.

Et finalement, cette histoire de plagiat dont je voulais parler premièrement, ça découle aussi de cette fierté refoulée de moi-même, persuadée que tout ce que je fais est calqué par un entourage épiant mes moindres faits et gestes. Faut arrêter deux secondes la paranoïa : des filles avec une coupe courte rouge, y'en a 36000, j'ai pas le monopole. Faut juste redescendre sur terre deux minutes. Si j'ai autant de recul sur la question (ho oui mon Dieu, quel recul ! Quel maturité !), c'est aussi parce que cet aprem je suis tombée sur le Facebook d'une modèle photo assez connue, qui avait autrefois les cheveux roses et a décidé de les faire à présent blancs. Cette dernière se plaignait alors du manque total d'originalité de ses contacts, dont le nombre de coupes à couleur "blanche" semblait pulluler depuis son propre changement capillaire. J'ai trouvé ça abusé.

A force d'être taxée d'originale, j'en suis venue à me considérer comme exceptionnelle. Les deux, pourtant, n'ont rien à voir. L'originalité, ce n'est qu'une question d'apparence, de colifichets. Être exceptionnelle, c'est être une bonne personne, quelqu'un qui se démarque par sa belle personnalité, par son bon caractère. Je ne suis pas cette personne-là. Le plus dur n'est pas de le constater, mais de me dire que toutes les personnes qui m'entourent composent probablement avec cet horrible défaut, tentant d'oublier que je suis une connasse prétentieuse parce que j'ai quelques autres qualités (je fais un bon guacamole).

Je sais, je sais, cet article fait pitié, je vois même pas pourquoi je le publie. Probablement comme un "memento", parce que j'en ai marre d'être la gamine prétentieuse que je suis, même si je sais pertinemment que changer aux yeux des autres est la chose la plus difficile au monde. Une fois qu'une étiquette est collée sur ton front, il est très dur de l'enlever. Je serai toujours la péteuse pour ces gens qui ne feront pas l'effort de me connaître, et pour ces autres qui ne remarqueront même pas que je tente de changer. Au moins maintenant tu le sais, lectrice. Je suis une horrible personne, mais je veux essayer de changer.
Et demain toutes ces belles paroles seront oubliées au profit d'un article où je m'insurgerai d'une fille "trop banale quoi, kikoolol, elle a exactement la même taille de lobes que moi, non mais trop la honte c'est moi qui ai inventé le stretch". Parce que je serai toujours une gamine.
Auto-flagellation ? Connais pas.
Oui, j'ai fini. Non, je ne vais pas me pendre rassure-toi.
Ha et puis juste pour bien terminer cet article "ouin ouin" (t'inquiète je ne te ressortirai pas la blague "tristoune Bunny". Oups) je tiens à dire que je trouve la tenue que je te poste particulièrement moche, et que je me demande là maintenant tout de suite ce qu'il m'a pris de découper ce foulard noir dans tous les sens (d'ailleurs j'me souviens que je portais cette tenue le jour d'un exposé assez important, et qu'au moment d'aller devant, en voulant jeter mon chewing-gum dans la poubelle, ce dernier est tombé entre les lacérations de mon écharpe, et j'ai eu l'air bien con. Poum poum chaaaa) (t'as vu je suis quand même drôle des fois, allez reviens).



Débardeur Your Eyes Lie, blazer et chapeau H&M, tregging Pimkie et Doc Martens.

mardi 20 mars 2012

I'm sick of saying sorry.

Je suis vraiment une médiocre blogueuse. Nombre d'entre vous attendent avec impatience l'article que je suis censée faire (depuis quoi... janvier ?) sur la fameuse boutique trop kioul de la mort qui tue, vendant des bijoux à se rouler par terre, et abritant la fille la plus jolie au monde.
Le problème, c'est qu'en ce moment, je n'ai plus vraiment de vie. Entre mes exposés/dossiers/mon mémoire, je passe le peu de temps libre que j'ai à écrire des inepties sur des siècles littéraires divers et variés. Passionnant. Du coup, vu que cela fait bien 1 mois que je n'ai pas vu la lumière du jour, il m'est quelque peu difficile de me rendre dans cette fameuse boutique pour prendre les photos dont je me servirai pour mon article-éloge. Tout ça pour te dire qu'il te faudra encore attendre, lectrice, et ce, jusqu'à que je retrouve un rythme de vie humainement acceptable (autant dire pas avant mai). Oui je sais, c'est triste, mais le principal dans tout ça, c'est que malgré mon existence en ce moment infernale, je sois toujours en vie, non ?
La dernière fois, ma copine Eva (qui commente des fois ici pour me dire que je ressemble à un sac à patates, mouhaha), m'a dit que je faisais toujours des introductions d'articles beaucoup trop longues, et que bien souvent, ça ne donnait pas envie de lire le reste puisque j'avais du mal à rentrer dans le sujet.
Je me rends compte qu'elle a raison.

Si j'te parle de cette vaste histoire de manque de temps, c'est que j'ai décidé de remplacer ce fameux article que tout le monde attend sur la boutique rêvée, par un article se présentant sous forme de "avant/après".
Le but est de vous montrer une pièce de mon dressing mise en situation à quelques mois d’écart (voire un an...), histoire de pouvoir se rendre compte de cette fameuse évolution vestimentaire dont je n'ai pas cessé de vous rabattre les oreilles.
Il faut savoir que j'ai plus d'un an de stock photo à écouler, et je suis bien consciente que les vieilles photos que je vous poste dans mes articles fleuves peuvent parfois quelque peu vous pomper la moelle, même si je n'arrête pas de vous gonfler en vous répétant : "Effectivemeeent sur cette photo mon bras a encore très peu de tattoo, je suis blonde et en plus mes cheveux sont plus longs. Mais regaaaarde comme c'est drôle de comparer ces photo à celles accompagnant mes articles vidéos. Tu vois la différence ? Hein ? Hein ? Tu la vois ? C'est drôle non ? Mais oui, c'est drôle."
Au moins avec cet article ici-présent, plus d'ambiguïté, on va bel et bien voir ce qui a changé en un an. Parce que, souviens-toi, constater ces changements, c'est drôle.


Ha ben tu vois, t'es morte de rire.
La photo de gauche date de mars 2011, celle de droite de février 2012. Presque un an, et de sacrés changements (à part le fait que je tire toujours la gueule huhu)
On remarquera qu'en un an je n'ai sorti ce blazer en velours que deux fois, ayant quelque difficulté à assortir ce bordeaux à ma garde robe.


Ce que l'on peut également remarquer, c'est qu'en un an, à force de me faire violence, je me suis vachement calmée sur les associations de couleur hasardeuses du genre : "Tiens, les coudières de mon blazers sont grises... alors je dois mettre du gris, pas possible autrement."
He bien non Bunny, ce n'est pas parce que les coudières de ta veste sont grises que tu es obligée de porter ce tee-shirt H&M, lui aussi gris, rehaussé d'un collier gris et noir pour rappeler le noir de ton pantalon et de tes chaussures et de ton headband et blablabla...
Au lieu de forcément vouloir porter les mêmes couleurs, aujourd'hui, je me penche plus sur leur harmonie, et ça change beaucoup de choses. D'abord, ça me permet d'aborder mes tenues beaucoup plus sereinement, et de ne plus me prendre la tête sur un blazer bordeaux parce que j'ai rien d'autres de bordeaux dans ma garde-robe, donc je peux pas l'assortir, donc c'est la mort. Ben non, la preuve en est la tenue de droite, qui à mes yeux est beaucoup plus harmonieuses que celle de gauche même si il n'y a pas forcément de rappels couleurs flagrants (oui bon okay, le brun de mes chaussures rappellent le brun de ma ceinture, et le blanc cassé de mon débardeur rappelle le blanc cassé de mon bonnet... je suis sur la voie de la guérison les meufs, j'ai pas dit que j'étais guérie !)

Bon forcément, ça ne se voit pas dans cet article (ce serait trop beau qu'une fois dans ma vie je parle de quelque chose sans faire de légers hors-sujet) mais ce sur quoi je me suis calmée également, c'est ce besoin quasi-pathologique de toujours faire un combo headband/collier/ceinture comme cela est le cas sur la photo de gauche. J'ai un tee-shirt avec un joli motif, mais je ne peux m'empêcher de le cacher en portant un collier qui n'a pas lieu d'être et ne sert à rien à part camoufler ce fameux motif. Ben ça, maintenant, j'évite. Si j'ai un tee-shirt avec un grand motif (et non pas pleins de petits motifs, ça, ça compte pas) je ne porte plus de collier. Au début ça a été dur de me délester de tous ces colifichets, mais finalement, épurer une tenue ça peut faire énormément de bien (et surtout éviter de sortir dans la rue mal à l'aise en te disant qu'il y a quelque chose qui cloche dans ta tenue).


Wahou je viens de voir que je peux mettre mes photos l'une à côté de l'autre sans passer par la case Photoshop. Je crois que ma vie va en être transfigurée.


Attends j'ai trouvé un nouveau truc avec cette possibilité de mettre mes photos l'une à côté de l’autre, c'est mon nouveau jouet!
Bon effectivement j'ai réglé ma monomanie du headband (coupe courte et pas très coopérative oblige), mais du coup, en ce moment, je suis plutôt prise d'une furie du bonnet et c'est pas mal aussi dans son genre (surtout en sachant que les beaux jours reviennent et qu'il va bien falloir que je les quitte bientôt, sous peine de passer pour une malade mentale qui se balade en bonnet en été).
Enfin bref meuf, j'crois qu'on a fait le tour. N'hésite pas à me dire sur ce petit article avant/après t'a plu, que je sache si il m'est possible de réitérer l'expérience en attendant d'avoir mieux à te proposer, ou si t'as juste envie de m'arracher un bras pour me frapper avec, tellement tu t'ais fait chier pendant ta lecture.

Ho ! Et avant que j'oublie je vous informe que la gagnante du concours "Cucul la praline" est Enora B. !
Félicitation Enora !
Ha oui... et voici sa tenue :


Les chaussures, le collant, le collier. Autant dire que TOUT m'a plu. Ce que j'ai particulièrement aimé, c'est qu'elle a réussi à faire une tenue qui certes peut paraître "cucul", mais est à la fois très classe. Je la trouve super mignonne et cette tenue la met vraiment en valeur.
C'est loin d'être caricatural, il y a de la recherche dans la composition, bref, je suis bluffée! (et puis faut dire que je veux les mêmes lunettes. Alors bon).

Mais sachez que cette fois-ci le choix a été encore plus dur que la dernière fois. Vous aviez toutes respectées le thème et certaines m'ont vraiment sorti des tenues ma-gni-fiques et très distinguées-heu (un peu comme Pamela Anderson). J'avoue avoir beaucoup hésité et j'étais prête à y aller au tirage au sort! Mais finalement, en revoyant la tenue d'Enora ce matin, je me suis étonnée d'autant d'équilibre dans la tenue et ça m'a finalement décidé.
En tout cas je vous dis bravo à toutes. Je suis bien contente de voir que vous avez été plus nombreuses que pour le premier concours, et également que vous êtes toutes TROP BELLES, vraiment! Hé ouais, j'mappelle Bunny et j'ai que des canons qui suivent mon blog, on a la classe ou on n'la pas.
Bref, lors du prochain article "fourre-tout" je posterai les photos des autres candidates avec un descriptif de chacune de leurs tenues, ainsi que l'interview d'Enora.
En attendant je vous embrasse les beautés (ne vous habituez pas trop à cette dénomination non plus, hein, n'oubliez pas que je suis une morue), big upzzz.

mardi 13 mars 2012

One day, I'll tell you how much I love you. Just not today.

Guuuuuh gogole! (une de ces têtes, j'vous jure...)
Le site trop cool d'Eleven Paris.






Doc Martens vernies, robe Pimkie, bague H&M et chemise Zara.

mercredi 7 mars 2012

Everything's wrong with you.

3615 tête de poisson mort bonjouuur!

Si j'écris cet article, c'est vraiment parce que je t'aime, lectrice. Pourquoi ? Simplement parce que je pense qu'un zombie sans bras ni jambes ferait mieux que moi ce soir. Je suis fatiguée. Pas la fatigue de petite tapette, non, celle qui te prend en traître parce que t'as trop glandé sur ton PC toute la soirée. Non, vraiment, ce n'est pas de celle-là dont je te parle. Moi j'te parle de la fatigue de femme active, celle qui court à droite à gauche toute la journée, saute dans un tram pour aller à un autre, prend comme une bénédiction le fait d'avoir 20 min de trajet pour manger ses carottes et sa banane négligemment rangé dans sa boîte à bento. Je ne suis décidément pas une femme d'action. Si j'ai pas 12 heures de sommeil combiné à 2 heures de cours maximum dans la journée, tu peux être sûre que je vais me changer en flan aux alentours des 19h00. Et encore, ça c'est quand j'ai eu le temps de prendre une tasse de thé qui me re-booste un minimum. Comment ? Depuis quand je me suis changée en femme d'affaire ayant dépassée depuis longtemps la trentaine ? (confère la boîte à bento et l'addiction au thé. Il manque plus que j'me plaigne de mes rhumatismes et on est bon) Mais non, tu as tout faux lectrice. Bunny n'a pas été kidnappé et remplacée par une autre personne ayant une vie, tout simplement. J'ai juste eu la bonne idée de vouloir me lancer dans la magnifique aventure du cours particulier. On ne m'y reprendra plus. Plus comme ça en tout cas. Parce que j'peux te dire que 4 heures de cours particuliers par jour, combinés aux cours de la Fac, ça fait un peu beaucoup pour mon cerveau abîmé.

Mais non, pauvre dégénérée (un jour j'arrêterai de te parler mal, je te le jure lectrice) je ne prends pas des cours particuliers de salsa/macramé/guitare/tricot/poterie, j'en donne ! Oui, je donne des cours. Des cours de français.
Quoi ?
Qu'est-ce qu'il y a ?
Pourquoi tu me regardes comme ça ?
Ha je vois, ça te fait marrer : Bunny l’asociale qui donne des cours à des ados ça te fait rire les genoux. Ben figure-toi morue (j'ai dit que j'arrêterai un jour de te parler mal, mais je t'ai pas dit que ce sera pour tout de suite hein) que je me débrouille plutôt pas mal, pour une psychopathe notoire (venant d'une personne qui souhaite plus tard être professeur, il vaut mieux tu me diras) (mais oui on peut être psychopathe et prof à la fois, tu n'le savais pas ? Fais-moi le plaisir de regarder avec plus d'insistance ton prof de math demain, tu comprendras alors où je veux en venir). Bref.
Au début de cette toute nouvelle expérience, j'étais totalement stressée, et cela n'est pas seulement du à mon anxiété naturelle. Ben oui : rencontrer les parents, l'élève, prendre un tram qui traverse une cité remplie de bâtiments avec des vitres cassées partout/des poubelles cramées/des plaques de fers qui remplacent les volets, c'est un peu anxiogène. Et puis, c'est pas pour dire, mais avec ma gueule de métèque, je craignais légèrement de traumatiser parents et enfants, et de ne jamais réussir à décrocher le petit job que je convoitais tant, et qui s’avère chronophage certes, mais tellement enrichissant (c'est beau ce que je dis, tu ne trouves pas ? Pour une fois qu'il y a un élément un tant soit peu positif sur ce blog tu pourrais me le faire remarquer quoi, merde !) Je suis peut-être encore plus flippante que Frankenstein, mais je me donne à fond pour aider des personnes qui en ont besoin, me donnent l'impression d'être utile, et ça, c'est incomparable.

Quoi ? Faut vraiment que je te dresse le topos ? Grosses oreilles, tatouages partout, dégaine patibulaire, on peut pas vraiment dire que j'incarne la prof parfaite. Enfin, c'est ce que je pensais. Comme d'habitude, j'ai noirci le tableau, j'ai noirci les gens et je les ai fait plus intolérants qu'ils ne le sont. Bon, c'est sûr, quand je donne mes cours je me balade pas en mini-short troué, débardeur et Creepers, mais je ne me suis pas non plus bridée totalement vestimentairement parlant. Un petit blazer pour cacher légèrement les tattoos (et non complètement), des plugs pleins, des collants opaques et on en parle plus. Finalement, j'ai été jugée sur la qualité de mon travail et non sur mon physique que les parents ne doivent certes pas considérer comme un exemple à suivre pour leur progéniture. Ça m'apprendra d'avoir trop écouté ces connards et ces connasses qui m'ont dit : "MON DIEU ! Mais tous ces tatouages ! Mais comment tu vas faire pour trouver un travail ?" A la fac, mes profs s'en foutent, quand je bosse, mes élèves s'en foutent, leurs parents de même. Alors j'ai envie de te dire : ta gueule ? Finalement, à force d'essayer d'être positive dans ce que je fais, de ne pas prendre chaque regard scrutateur pour une offense personnelle, je me rends compte, au fur et à mesure que j'avance (où je ne sais pas trop, mais j'ai vraiment l'impression d'avancer socialement parlant) que les barrières que l'on peut mettre entre nous et les gens, elles viennent surtout de nous-même.

J'suis pas en train de te dire que tout vient de nous à 100%, attends. Tu sais très bien ce que je pense des gens, que j'ai un indéniable côté misanthrope. Seulement, là je m'en suis rendue compte, si l'on arrive à être à l'aise, à dégager une image saine et stable de soi-même, on a beaucoup de chance d'être moins stigmatisés. Tiens, pour exemple, hier matin j'ai carrément tapé la discut' avec un papi qui avait du mal à comprendre le fonctionnement du distributeur de tickets de tram. Non mais t'imagines ? Moi ? Taper la discut' à un papi ? Depuis quand ça m'arrive ce genre de choses ? Ben, depuis que j'ai décidé de faire la paix avec moi-même. Avec l'une de mes élèves (mon Dieu que ça fait flipper de dire ça) on a travaillé "Les mains sales" de Sartre. Et une phrase m'a sauté au visage, une phrase qui me semblait presque destinée : "Les hommes, tu les détestes parce que tu te détestes toi-même ; ta pureté ressemble à la mort et la Révolution dont tu rêves n'est pas la nôtre : tu ne veux pas changer le monde, tu veux le faire sauter". Alors là meuf, tu vois, je viens d'étaler ma science, donc ça va mieux. Non, plus sérieusement, je pense que si j'ai du mal avec la société, les enfoirés intolérants, c'est parce que je me rends compte que moi-même je suis parfois intolérante, et je m'en veux pour ça. Qui ne s'est jamais foutu de quelqu'un dans la rue me jette la première pierre. Après, il y a des manières de faire c'est certain, et un discret "hohoho t'as vu sa sale gueule à celui-là" n'est pas vraiment comparable à un "EUUUUUURK C'EST QUOI CE TRUC DANS SON NEEEEZ HAAAAA ON DIRAIT UNE VAAAACHE", on est d'accord. Il y aura toujours des abrutis pour tenter de vous tirer vers le bas, vers la haine et l'ignorance dans laquelle eux-même végètent, le tout c'est de savoir être plus fort que le misérable, et savoir marcher la tête haute.
Sinon, tu ne le savais peut-être pas mais j'ai été la parolière de Amel Bent pendant 5 ans.
Quoi ? Tu trouves pas que mon histoire de "savoir être plus fort que le misérable, savoir marcher la tête haute" ça rassemble un peu aux paroles de "Ma philosophie" ? Hého, je te chie à la raie, j'ai juste une bonne mémoire auditive.

Pour clore cet article, je voulais rapidement revenir sur le concours. Bon déjà pour le moment je n'ai que deux candidatures. Deux candidatures en une semaine, autant te dire que j'me chie dans mon froc. Qu'est-ce qui se passe ? Tu vois pas où je veux en venir avec mon thème cucul ? Ben tu vois, là, les photos de cet article, oui oui je parle bien de cette jupe tutu et de ce collier camé, ainsi que de ma petite fleur dans les cheveux qu'on voit très mal. Ben ça par exemple, c'est aussi une tenue cucul, un peu. Le tutu, les fleurs, les collants à pois, les couleurs poudrés. C'est pas sorcier tout ça, si ? Je suis sûre que tu n'y mets pas du tien, salope (pardon, c'est sorti tout seul). C'est pas parce que t'as pas de pastel et de fleurs dans ton armoire que tu peux pas participer! Le cucul, ça peut être aussi du rose fuchsia, du violet, des biches, des chats, des oiseaux, des ballerines, de la dentelle, des nœuds, des bijoux qui brillent, des mocassins, des cheveux tressés et j'en passe ! Tu préfères que je remplace le mot "cucul" par "girly" ? Ça va ? Tu comprends mieux maintenant ? Vraiment, je trouve que tu es d'une mauvaise volonté assez scandaleuse, lectrice. Et tant que tu te comporteras de cette manière nonchalante avec moi, je continuera à te parler comme à gros caca, et vlan ! Dans les dents ! HAHA ! T'sais plus quoi dire hein ? MAUVIETTE ! (non, ne dis rien, laisse-moi cette illusion de contrôle sur mon lectorat s'il te plaît)

Jupe et collier Nafnaf, vieux tee-shirt.