Comme je te le disais dans l'article précédent, ma copine Eva (oui j'ai quelques relations sociales, ça m'arrive de m'entendre avec des gens) (d'ailleurs faut que j'arrête de parler d'elle à chaque article, elle va finir par croire que je l'apprécie) m'a fait remarquer à juste titre que mes articles mettaient toujours du temps à démarrer, que ma phase introductive était souvent trop longue et que ça ne donnait pas forcément envie aux moins téméraires de lire la totalité de mes articles.
J'aime mon blog car je peux y blablater sans retenues et partir totalement en couilles, j'aime bien l'idée de vous chier des pavés informes qui peuvent effrayer le visiteur lambda, ne s'attendant à voir sur ce blog "mode" que des photos de mes tenues agrémenté d'un texte aussi maigre qu'un somalien, mais si j'écris, quand même, c'est pour avoir le plaisir d'être lu et de partager avec vous, alors j'me dis que ce serait bien que j'abrège, parfois.
Normalement aujourd'hui j'avais prévu de vous parler de mes doutes, fondés ou alors totalement fomentés par mon esprit malade et paranoïaque, à propos d'un "plagiat" plus que superficiel concernant ma coupe de cheveux, et s'étalant sur plusieurs "connaissances" féminines de mon entourage. Je voulais débuter une réflexion sur le manque de personnalité de certaines contrebalancée par ma potentielle appartenance aux effets de mode sans m'en rendre compte. Finalement plus qu'une plagiée je serai surtout une victime des tendances circulant sur le net.
Et puis finalement, vu qu'aujourd'hui j'ai envie de m'ouvrir les veines avec une petite cuillère avant d'engloutir une boîte entière d'Efferalgan arrosés de Jack Daniel's, je vais parler de tout à fait autre chose. Ouep, j'suis comme ça moi, tellement spontanée et surprenante.
En ce moment, j'ai vraiment du mal avec ma gueule. Et ce soir je crois qu'on est à l'apogée de ma remise en question. Ma gueule, ma gueule, pas ce truc immonde, avec ce gros pif, que j'me traîne tous les jours. Quand je dis "ma gueule", c'est surtout parce qu'en ce moment, j'ai du mal à blairer ce que je suis, ma personnalité toute entière. Ca fait quelque temps déjà que je ne suis pas au top de ma forme (en même temps le Master nous tuera tous). Tu remarqueras, si tu suis ce blog depuis longtemps déjà, que je suis ce genre de personnes exécrables qui font genre d'en avoir rien à foutre de l'avis des autres, mais qui au final peuvent rester bloquées pendant plusieurs jours, voire pendant plusieurs semaines, sur la réflexion d'un pauvre inconnu qu'elles ne recroiseront plus jamais de leur vie. La semaine dernière, j'ai revu un type qui était venu m'accoster, un jour, à propos de mon tatouage d'ancre sur le bras. Il m'avait alors demandé ce qu'elle représentait pour moi, et même si l'approche ne m'avait pas forcément plu (le mec était over-tatoué et j'ai plutôt pris son "qu'est-ce ça signifie pour toi ?" pour un "allez avoue que t'as juste fait ça pour la frime, morue"), je me suis efforcée de lui répondre gentiment. Presque un an s'est donc écoulé entre ces deux entrevues, et voilà que je le retrouve comme potentiel colloc' de l'appart que je vais peut-être habiter. "Ha, c'est toi la fille avec l'ancre. Oui je me souviens de toi, je l'avais bien aimé. Mais mon Dieu, c'que tu t'la pétais, entourée de tes copines pas tatouées"... ... ... le constat est sans appel. Aux yeux d'un inconnu, je suis une péteuse. Voilà, j'me la pète avec mes tatouages, je fais exactement ce que je ne supporte pas que les autres fassent.
Alors oui, c'est sûr, tu pourras me répondre "rho allez Bunny tire pas la tronche, il te connait pas ce mec, c'est pas grave !" le problème, c'est que les situations dans ce genre, j'en ai pas vécu qu'une seule. Souviens-toi de l'article sur le Tattoo Art Fest : plusieurs lectrices m'avaient fait remarquer qu'elles n'avaient pas osé venir me parler à cause de mon air hautain. Ou bien encore cet article sur l'un de mes clash sur le forum de Madmoizelle, où je m'étais embrouillée avec plusieurs filles qui n'avaient pas apprécié que je qualifie une nana de "fake" parce qu'elle s'affichait avec un look retro, disait adorer Dita Von Teese et détester les gothiques. J'y avais vu un paradoxe, je l'avais fait comprendre, et je m'étais sévèrement faite avoinée. J'ai toujours eu des excuses avant ça : mon air hautain c'est une carapace pour pas que l'on vienne m'emmerder, ma réflexion était légitime, c'est les autres qui n'avaient pas voulu la comprendre à sa juste valeur. Mais au bout d'un moment je pense qu'il faut arrêter de se voiler la face : je suis une péteuse. J'me la pète. J'ai encore rien fait de ma vie, j'ai encore rien prouvé, j'suis encore dans les jupes de ma mère et j'me la pète parce que j'fais un putain de Master que je suis pas sûre d'avoir et que j'ai des putains de tattoos qui me remplissent les bras. Avoue qu'il y a de quoi se détester.
Oui. Bon. Ok. J'me calme. T'as pas un sac en papier ? J'crois que j'fais une crise d'angoisse. Sinon du Prozac ça m'irait aussi.
Je sais, j'exagère. Je ne devrais pas me prendre la tête avec ce détail. Peut-être est-il issu de mon imagination ? Le problème c'est que j'en doute de plus en plus. Au final, si j'ai tellement de mal à me lier d'amitié avec les gens, si j'ai si peu d'amis et si tout le monde finit par sa retourner contre moi (c'est le moment de sortir les violons, meuf. Tu veux un mouchoir ? Allez avoue je suis touchante. Mon cul ouais) c'est peut-être tout simplement parce que pendant des années j'ai été imbue de ma personne sans m'en rendre compte, sans vouloir le voir. Et maintenant j'ai l'impression que ça me saute en plein visage. Ce que je déteste le plus chez les gens : la pédanterie, voilà que je le retrouve chez moi. Dur.
Et finalement, cette histoire de plagiat dont je voulais parler premièrement, ça découle aussi de cette fierté refoulée de moi-même, persuadée que tout ce que je fais est calqué par un entourage épiant mes moindres faits et gestes. Faut arrêter deux secondes la paranoïa : des filles avec une coupe courte rouge, y'en a 36000, j'ai pas le monopole. Faut juste redescendre sur terre deux minutes. Si j'ai autant de recul sur la question (ho oui mon Dieu, quel recul ! Quel maturité !), c'est aussi parce que cet aprem je suis tombée sur le Facebook d'une modèle photo assez connue, qui avait autrefois les cheveux roses et a décidé de les faire à présent blancs. Cette dernière se plaignait alors du manque total d'originalité de ses contacts, dont le nombre de coupes à couleur "blanche" semblait pulluler depuis son propre changement capillaire. J'ai trouvé ça abusé.
A force d'être taxée d'originale, j'en suis venue à me considérer comme exceptionnelle. Les deux, pourtant, n'ont rien à voir. L'originalité, ce n'est qu'une question d'apparence, de colifichets. Être exceptionnelle, c'est être une bonne personne, quelqu'un qui se démarque par sa belle personnalité, par son bon caractère. Je ne suis pas cette personne-là. Le plus dur n'est pas de le constater, mais de me dire que toutes les personnes qui m'entourent composent probablement avec cet horrible défaut, tentant d'oublier que je suis une connasse prétentieuse parce que j'ai quelques autres qualités (je fais un bon guacamole).
Je sais, je sais, cet article fait pitié, je vois même pas pourquoi je le publie. Probablement comme un "memento", parce que j'en ai marre d'être la gamine prétentieuse que je suis, même si je sais pertinemment que changer aux yeux des autres est la chose la plus difficile au monde. Une fois qu'une étiquette est collée sur ton front, il est très dur de l'enlever. Je serai toujours la péteuse pour ces gens qui ne feront pas l'effort de me connaître, et pour ces autres qui ne remarqueront même pas que je tente de changer. Au moins maintenant tu le sais, lectrice. Je suis une horrible personne, mais je veux essayer de changer.
Et demain toutes ces belles paroles seront oubliées au profit d'un article où je m'insurgerai d'une fille "trop banale quoi, kikoolol, elle a exactement la même taille de lobes que moi, non mais trop la honte c'est moi qui ai inventé le stretch". Parce que je serai toujours une gamine.
Auto-flagellation ? Connais pas.
Oui, j'ai fini. Non, je ne vais pas me pendre rassure-toi.
Ha et puis juste pour bien terminer cet article "ouin ouin" (t'inquiète je ne te ressortirai pas la blague "tristoune Bunny". Oups) je tiens à dire que je trouve la tenue que je te poste particulièrement moche, et que je me demande là maintenant tout de suite ce qu'il m'a pris de découper ce foulard noir dans tous les sens (d'ailleurs j'me souviens que je portais cette tenue le jour d'un exposé assez important, et qu'au moment d'aller devant, en voulant jeter mon chewing-gum dans la poubelle, ce dernier est tombé entre les lacérations de mon écharpe, et j'ai eu l'air bien con. Poum poum chaaaa) (t'as vu je suis quand même drôle des fois, allez reviens).
Débardeur Your Eyes Lie, blazer et chapeau H&M, tregging Pimkie et Doc Martens.



























